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La Transjurassienne : la course de ski de fond mythique du Jura

9 févr. 2026
6 min de lecture

La Transjurassienne fait partie des plus grandes courses de ski de fond d’Europe. Chaque hiver, au cœur du massif jurassien, cet événement longue distance rassemble plusieurs milliers de fondeurs venus se mesurer aux reliefs du Jura, dans une ambiance à la fois sportive et profondément populaire.

Organisée traditionnellement en février, la Transju propose des parcours exigeants pouvant atteindre environ 70 kilomètres, selon les conditions d’enneigement. Mais au-delà des chiffres et des classements, la course s’impose surtout comme une expérience collective. De l’élite internationale aux débutants en ski de fond en passant par des fans de la discipline, des milliers de personnes se retrouvent autour d’un même amour pour le ski de fond dans une course définie par l’énergie du public et un véritable attachement au territoire.

Qu’est-ce que la Transjurassienne ?

La Transjurassienne est une course de ski de fond longue distance se déroulant dans les montagnes du Jura, et inscrite à la prestigieuse série Worldloppet, qui regroupe les plus grandes courses de ski nordique au monde. Les participants complétant dix courses Worldloppet différentes, dont au moins une hors d’Europe, peuvent prétendre au titre très convoité de Worldloppet Master.

Chaque année, environ 4 000 skieurs prennent le départ de la Transjurassienne, confirmant son statut de rendez-vous incontournable du calendrier international de ski de fond. Mais la course ne se résume pas à la performance. Elle repose aussi sur l’engagement de plus de 1 000 bénévoles et sur le soutien constant des spectateurs, reconnaissables au son des célèbres cloches de Comté qui rythment la progression des coureurs.

Cet ensemble crée ce que beaucoup appellent l’« esprit Transju » : une atmosphère unique, faite de convivialité, de fidélité et de passion partagée pour le ski nordique.

Où se déroule l’épreuve ?

Le parcours de la Transjurassienne traverse le massif du Jura, dans l’est de la France, une région marquée par ses plateaux ondulants, ses vallées boisées et ses forêts d’épicéas, offrant un cadre naturel aussi exigeant que spectaculaire et un décor hivernal qui vaut au Jura le surnom de Petite Scandinavie.

Traditionnellement, la course de ski de fond relie plusieurs villages emblématiques du Jura, entre Lamoura et Mouthe. Ce terrain, loin d’être monotone, met à l’épreuve la gestion de l’effort et la technique des fondeurs. Les conditions météorologiques et la qualité de la neige peuvent également conduire les organisateurs à adapter les tracés, faisant de chaque édition une course unique.

Les différents formats de course

La Transjurassienne se décline en plusieurs formats répartis sur un même week-end, afin de s’adresser à des profils de skieurs variés :

  • des épreuves de ski de fond classique et skating
  • des parcours d’endurance de différentes longueurs, allant généralement d’environ 20 à 70 km
  • une épreuve phare longue distance, autour de 70 km selon les conditions

Cette diversité permet aux amateurs de découvrir une grande course de ski de fond dans un cadre sécurisé, tout en offrant aux skieurs expérimentés l’opportunité de se confronter à un défi physique majeur.

Une brève histoire de la Transjurassienne

L’histoire de la Transjurassienne débute en 1979, lorsque Jacky Mandrillon et Georges Berthet imaginent une grande course populaire de ski de fond sous le nom de Progressime du Jura. Faute de neige, la première édition est annulée, mais l’événement voit finalement le jour en 1980.

Rapidement rebaptisée La Transjurassienne, la course dépasse son ancrage local pour devenir un rendez-vous reconnu des fondeurs français et internationaux. En 1981, son intégration à la Worldloppet — en tant que seule étape française — marque un tournant décisif et renforce sa notoriété à l’échelle mondiale, faisant de la course de ski de fond du Jura une épreuve comparable aux meilleures courses de ski nordique, et même aux disciplines olympiques de ski de fond.

Au fil des décennies, la Transju a su évoluer avec son époque, en s’adaptant aux changements climatiques, à l’évolution autant des équipements, des skis que des techniques de ski. Cela a poussé les organisateurs à adapter leur approche et à renforcer la résilience de l’événement, sans jamais renier son ADN. Elle demeure donc aujourd’hui un pilier du ski de fond en France, rassemblant différentes générations de skieurs autour d’une histoire et de valeurs communes.

Pourquoi la Transjurassienne est-elle une course unique ?

La Transjurassienne réussit à conjuguer l’ampleur d’un grand événement sportif et une forte dimension humaine. Bien qu’elle figure parmi les plus grandes courses de ski de fond en Europe par le nombre de participants, l’ambiance reste profondément chaleureuse.

Tout au long du parcours, les habitants du Jura encouragent les skieurs, et les festivités se prolongent souvent après la course autour de spécialités franc-comtoises. Pour beaucoup, la Transju est une réponse concrète à la question « qu’est-ce que le ski de fond ? » : un sport d’endurance, mais aussi un espace de partage et d’appartenance.

Pour de nombreux participants, la course devient un repère personnel. Un objectif hivernal qui structure l’entraînement, et une raison de renouer chaque année avec le plaisir de glisser.

Records et anecdotes marquantes

Les performances de haut niveau ont marqué l’histoire de la Transjurassienne, dont les résultats sont souvent influencés autant par la condition physique que par la qualité de la neige. En 2004, Alexander Rousselet réalise un temps marquant de 2 h 55 min 30 s sur un parcours alors long de 76 km, battant le record détenu depuis 13 ans par Hervé Balland. Chez les femmes, le temps de 3 h 33 min 41 s établi par Marie-Pierre Guilbaud en 1991 sur la même distance reste une référence majeure.

Autre particularité forte : l’ouverture internationale de la course. La Transjurassienne accueille régulièrement des skieurs issus de plus de 30 pays, confirmant son rayonnement au sein de la communauté mondiale du ski nordique.

La Transjurassienne 2026

La Transjurassienne 2026 s’inscrira dans la continuité de cette tradition, avec Quentin Fillon-Maillet — champion olympique, multiple champion du monde et enfant du Jura — comme ambassadeur officiel de l’édition. Sa présence incarne le lien profond entre la course, le territoire jurassien et l’excellence nordique française.

Les épreuves sont prévues sur le week-end des 7 et 8 février 2026, avec les courses de ski de fond en technique classique programmées le samedi, et les épreuves en skating, ainsi que la longue distance, le dimanche.

Conscients des enjeux climatiques et de la sensibilité des participants aux conditions d’enneigement, les organisateurs prévoient également un parcours alternatif sécurisé : une boucle entre Lamoura et Les Rousses. Cette option permet de maintenir l’événement même en cas de conditions hivernales plus complexes, tout en garantissant une expérience de ski de fond et de course fidèle à l’esprit

La Transju : plus qu'une simple course de ski de fond dans le Jura

Qu’elle soit envisagée comme un objectif sportif ambitieux ou comme une aventure ponctuelle, la Transjurassienne incarne tout ce que le ski de fond peut offrir de plus authentique. Ancrée dans son territoire, façonnée par plus de quarante ans d’histoire, elle célèbre avant tout le plaisir du mouvement, la persévérance et le lien entre les skieurs et leur environnement.

Pour celles et ceux qui s’intéressent aux grands rendez-vous des sports d’hiver et de montagne, la Transju s’inscrit aux côtés d’événements emblématiques comme la Coupe du Monde de biathlon, le Marathon du Mont-Blanc, l’UTMR, le Tor des Géants ou encore la Transalpine Run.

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