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François D’Haene gagne le Hardrock 100 en un temps record

19 juil. 2021
4 min de lecture

Vraisemblablement, la partie la plus difficile pour gagner le Hardrock 100 selon François D’Haene fut de réussir à se rendre sur les lieux. Après trois ans d’attente pour sa première à l’ultra-marathon du Colorado, qui couvre 161 kilomètres, l’athlète Salomon a battu tous les records ce week-end en gagnant la course en 21 heures, 45 minutes et 50 secondes. D’Haene était soit en tête, soit parmi le peloton de tête tout au long de la course, battant Dylan Bowman qui finira sa course une heure plus tard et prendra la deuxième place, suivi de Ryan Smith à la troisième marche du podium. Tous les trois ont battu l’ancien record (en sens anti-horaire de la course) établi par l’athlète Salomon Kilian Jornet en 2014. D’Haene a amélioré le record d’une étonnante 1 heure et 43 minutes.

“Je pensais rester avec les autres compétiteurs, mais après trois heures de course, j’ai ressenti une accélération dans ma cadence, donc je me suis retrouvé un peu devant. ”

francois-14 (1)

François D'haene

Coureur Ultra-Trail français

À la grande surprise du trois fois vainqueur de l’UTMB, Bowman et Smith étaient quelques minutes derrière lui durant huit heures. D’Haene avait la possibilité de surveiller la position de ses concurrents étant donné que la majorité du parcours se situait au dessus de la ligne forestière.

« Avant la course, je pensais que si j’étais un peu en retard sur le rythme de Kilian, je serais toujours en bonne voie », a déclaré D’Haene. « Et j’ai continué à ce rythme et Dylan n’était toujours qu’à cinq minutes derrière moi. Je me disais : “Wow, il est toujours là. Il est rapide.” Il était difficile de comprendre comment nous pouvions être si rapides. Kilian n’est pas n’importe qui, alors quand vous êtes en avance d’une heure ou deux par rapport à son rythme record, vous pensez que vous avez peut-être fait une erreur et vous commencez à douter de votre capacité à aller jusqu’au bout. »

Après l’annulation du Hardrock 100 en 2019 en raison du danger d’avalanche, puis à nouveau en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19, l’attente pour participer à la course pesait sur le moral de D’Haene. Cette année, ce sont les restrictions de voyage qui ont mis en doute ses chances d’atteindre la ligne de départ/d’arrivée à Silverton, Colorado. À un moment donné, D’Haene s’est rendu jusqu’à un aéroport européen, pour ensuite être renvoyé chez lui. Deux jours plus tard, il a finalement pu atteindre le Colorado, ce qui lui a donné 10 jours pour s’acclimater aux conditions de haute altitude.

« On blaguait en se disant que c’était la plus longue préparation pour une course jamais connue, parce que nous nous sommes préparés pour cette course durant deux ans et demi », plaisante D’Haene. « Donc notre motivation était à son maximum, ce qui était une bonne chose. Nous sommes arrivés ici à temps pour pouvoir nous entraîner afin de nous acclimater et de nous familiariser avec le parcours. J’étais déjà super enthousiaste avant la course, je le suis encore plus d’avoir gagné. C’était une course magnifique, avec de très beaux paysages, donc je suis vraiment heureux que tout se soit bien passé. »

“Kilian n’est pas n’importe qui, alors quand vous êtes en avance d’une heure ou deux de son record, vous pensez que vous avez peut-être fait une erreur et vous commencez à douter de votre capacité à aller jusqu’au bout. ”

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François D'haene

Coureur Ultra-Trail français

Le Hardrock Hundred Mile Endurance Run est une course de 161 kilomètres se tenant à une altitude moyenne de 3 352 mètres. La course monte et descend dans un dénivelé de plus de 10 000 mètres et fait courir les ultra-marathoniens à plus de 3 700 mètres d’altitude à 13 reprises durant le parcours.

D’Haene a avoué que le temps d’acclimatation y était pour beaucoup. Une fois l’art de manger en altitude maîtrisé, le parcours s’est déroulé relativement sans encombre.

« Après m’être acclimaté, j’ai pu conserver une bonne respiration et courir vite pendant la course, même à 4 000 mètres d’altitude. Mais après sept ou huit heures, même si vous êtes du coin, il devient très difficile de manger normalement, donc c’était très difficile de s'hydrater et se nourrir », explique D’Haene. « Dans un ultra-trail, si vous n’avez pas assez d’énergie, c’est très dur. J’ai bu de plus grandes quantités d’eau lors de la course, et je savais déjà qu’il serait difficile de manger une fois dans les hautes montagnes. Du coup, je mangeais lorsque je me situais à des plateaux plus bas en altitude. Et j’ai utilisé davantage de gels. Mais votre corps réagit bizarrement, car vous avez besoin de manger. »

Après l’annulation de la course en 2019, D’Haene décida de partir pour Silverton quand même, dans le but de se familiariser avec la course et forger des liens forts avec la communauté des coureurs de trail du Colorado

“J’ai pu conserver une bonne respiration et courir vite, même à 4 000 mètres d’altitude. Mais après sept ou huit heures, même si vous êtes du coin, il devient très difficile de manger normalement. ”

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François D'haene

Coureur Ultra-Trail français

« J’ai déjà ressenti une certaine connexion il y a deux ans, mais cette année, c’était encore plus spécial car j’ai maintenant des amis ici, et ils sont tous venus me voir », raconte D’Haene. « C’était vraiment dingue. Jim Walmsley, Dakota Jones et moi courrions à la même allure, Sage Canaday et Anna Frost étaient là également… Cette course est mythique pour les ultra-marathoniens, donc c’est un vrai plaisir d’en faire partie. Il y règne un vrai esprit de famille. Ce matin, ils ont appelé le nom de chaque coureur, sans exception, afin que tous puissent recevoir leur prix. C’est une sacrée communauté. »

En gagnant le Hardrock 100, François D’Haene était équipé de la tête au pied par Salomon avec une version prototype des chaussures de trail S/LAB Ultra 3, une veste de course S/LAB Sense Ultra 8, un short long S/LAB Sense, un demi-collant S/LAB EXO, un t-shirt S/LAB Sense, des manchons S/LAB NSO et une casquette Salomon. En plus de ces équipements, il portait une veste Bonatti imperméable et un carquois personnalisé Salomon pour ses bâtons.