Elias Kadi | Portrait d'un traileur surdoué
Fraîchement débarqué au sein du Team Trail France, Elias Kadi a prouvé dès sa première année qu'il avait déjà tout d'un grand. Après une saison pleine, conclue par une 3e place à la TDS, Elias nous en dit plus sur son parcours, ses entraînements et ses prochains objectifs.
Elias Kadi | Un podium pour terminer 2022 en beauté
Alors ? Qu’est-ce ça change de terminer 3e de la TDS 2022 ? Pour être tout à fait honnête ça n'a pas changé grand-chose dans ma pratique du trail running. Je considère ce résultat avant tout comme une progression et ça m'a permis de voir encore tout le chemin à parcourir pour remporter ce genre de compétitions. Mais je suis bien sûr très content car je conclus 2022 d'une très belle manière.
Peux-tu nous en dire plus sur ta course ? Il y a eu des hauts et des bas pendant toute la course (rires). J'ai couru 9 heures avec Ludovic Pommeret (vainqueur de la TDS 2022) et puis quand il a accéléré à La Gittaz, je n'ai pas pu suivre. À partir de là, c'était un peu les montagnes russes. Je me suis frustré tout seul dans mes pensées. Je me suis dit que ça allait être un peu long et que j'allais devoir m'accrocher. J'ai un peu coincé par moment quand il a fallu accélérer pour retrouver le groupe de tête. C'était vraiment très dur. Puis j'ai réussi à bien finir sur la dernière partie de la course pour décrocher cette belle 3e place.
Quels enseignements en tires-tu ? Que beaucoup de choses se jouent sur le mental. Lorsque Ludo (Pommeret) m'a décroché à La Gittaz, ça a été très dur. Tu as envie d'abandonner. Tu te dis pourquoi tu fais tout ça. Puis il faut se dire que ça va revenir et que même si ça dure 3-4h, dans la tête ça reviendra.
Elias Kadi | C'est quoi la suite ?
Tu vas bientôt courir ? Non rien de particulier pour cette fin d'année 2022. J'ai déjà fait une bonne saison de mars à août. C'était d'ailleurs ma première longue saison donc je vais en profiter avant 2023. Un peu de sport plaisir sans plan d'entraînement, skier un peu en hiver pour terminer l'année en beauté.
Quels sont tes prochains objectifs pour 2023 ? Je ne te cache pas que j'ai envie de tout faire (rires) mais on va cadrer tout ça et faire quelque chose d'intelligent avec le reste du team.
Elias Kadi | Pourquoi le trail ?
Qu’est ce qui te plait dans cette discipline ? Je pense avant tout que ce qui me plait dans ce sport c’est l’aventure, le terrain de jeu infini qu’il propose, je suis quelqu’un qui aime énormément bouger, j’aime aller découvrir des nouveaux massifs, des nouvelles régions, de nouvelles cultures à l’étranger ou en France. Juste passer du temps dehors sans se soucier de l’allure c’est vraiment quelque chose d'excitant. Paradoxalement lorsque que j’ai un dossard, je suis quelqu’un de très compétitif, j’aime aller chercher mes limites, me lancer des défis en course ou en projet personnel, de me prouver que je suis capable de la faire.
Quelles disciplines du trail running préfères-tu ? Pourquoi ? Les trails longs, l’ultra… j’ai toujours été plus attiré par la distance que par la vitesse, faire des kilomètres et des kilomètres… voir plein de paysages différents dans la journée. Je me considère un peu comme un vagabond, je me dis que dans une vie antérieure je devais être un messager (rires).
À quel moment t'es-tu dit que tu pouvais te lancer dans une carrière professionnelle ? C'est très récent. Depuis 2020, 2021 à peu près… pendant le Lavaredo Ultra Trail en 2021. Je fais une course assez pleine qui m'a permis de faire bien mieux qu'espéré. Et à ce moment-là je me suis dit que peut-être dire que j'avais le potentiel pour une carrière professionnelle.
Quels types de chemins préfères-tu (chemins secs, terrain boueux, neige…) ? J’adore courir dans des températures chaudes, très chaudes. Pour répondre à la question je dirais un chemin sec, technique ou pas, en plein soleil d’été.
Et donc ta course préférée ? Je répondrais la Western State 100, j’adore l’été, le soleil, les fortes températures. J’ai une passion pour l’ultra endurance. La Western c’est pour moi la définition de la liberté, courir en short des heures et des heures avec juste une flasque dans la même main. C’est finalement quelques de chose de très simple mais tellement fort.
Elias Kadi | S'entraîner pour les compétitions
Que faut-il faire pour s'améliorer en compétition ? Dès que j'ai commencé, j'ai voulu faire du long et j'ai pris de bonnes claques. Je me suis dit que j'avais besoin d'un coach. De poser les bonnes bases et de progresser plus efficacement. Dans les premières années, je faisais tout et n'importe quoi. J'avais donc besoin d'un peu de structure. C'est ce qu'on met en place depuis 3 ans pour poser des belles performances sur de l'ultra. Je suis désormais suivi par un micro-nutritionniste pour le versant alimentation, le coach Stéphane Richard pour le versant physique et depuis très récemment, un coach mental pour toute la sphère récupération, bien-être psychologique.
En parlant de régime alimentaire, faut-il avoir un petit-déjeuner spécifique ? Je conseille de ne rien changer à ses habitudes alimentaires à part évidemment en compétition où il y a des départs assez tôt. Il faut éviter les gros petit-dej' pour ne pas brusquer son corps.
Et concernant les heures de sommeil ? Je me couche généralement tôt à 21h30-22h. Mais en compétition, c'est vraiment différent. Par exemple à l'UTMB®, tu ne dors pas avant une course quand tu pars dans l'après-midi. Tu dois surtout optimiser tes 2 dernières semaines de sommeil et ta récupération car les 2 nuits précédant la course ne servent pas à grand-chose. Et généralement tu dors mal avec l'excitation et le stress de la course.
Quel est TON conseil d'avant course ? Mon conseil est d'arriver frais et reposé. Il vaut mieux faire la séance de moins que la séance de trop.
Elias Kadi | Ton entrée chez Salomon
Ça fait quoi de faire partie du team Trail Salomon France ? C'est une certaine fierté. C'est même un rêve que tu vises quand tu commences le trail. Tu vois ces athlètes-là et tu te dis que c'est très inspirant. Courir, s'entraîner avec eux te permet aussi de voir tout le chemin qui reste à faire pour arriver à leur niveau. Ça remet vite les pieds sur terre. (rires)
Pourquoi Salomon ? Pour le professionnalisme. Le fait d'avoir un cadre, une vision, un plan de carrière à long terme permet de progresser plus rapidement. Ce professionnalisme met à l'aise. Tu te concentres plus sur toi et tes entraînements. Et recevoir la confiance du team, c'est primordial pour les athlètes. Je ne te cacherai pas que les produits Salomon apportent également un plus. J'en utilise depuis mes débuts dans le trail et je trouve qu'il y a une certaine avance au niveau des chaussures et des sacs à dos. Je trouve qu'avoir un équipementier dynamique et performant permet vraiment de progresser.
Qu'est-ce que tu apprécies dans les entraînements ? Je fais surtout du sport pour le partage et les valeurs que ça dégage. J'aime autant l'entraînement que la compétition. Je dirais même que je préfère l'entraînement car on passe plus de temps à s'entraîner, et surtout il y a beaucoup de partages avec les entraineurs, les autres athlètes, et c'est un réel plaisir.
Un produit Salomon à recommander pour ta pratique ? Les Pulsar Trail.
Une chose est sûre, il faudra compter sur Elias Kadi pour les années à venir. Le natif de Gap compte bien montrer son potentiel à l'ensemble de la planète Trail !